Bonjour Mehdi, vous avez cofondé RPTech AI très tôt dans votre parcours professionnel : qu’est-ce qui vous a convaincu qu’il fallait créer une structure dédiée pour aider les entreprises, et en particulier les PME, à intégrer l’IA au cœur de leurs processus plutôt que de simples « expérimentations » en marge ?
Je suis convaincu que l’IA transforme profondément le monde du travail, et cette transformation ne fait que s’accélérer. Très tôt, j’ai compris qu’accompagner les entreprises dans cette transition était essentiel, surtout pour les PME qui n’ont pas de services internes dédiés. L’intégration de l’IA ne peut pas se limiter à de simples expérimentations en marge : sans structure ni stratégie, ces projets échouent souvent. Nous voulions créer une approche organisée, qui permette aux entreprises de tirer une vraie valeur de l’IA au quotidien.
Concrètement, quand vous arrivez chez un client avec RPTech AI, comment se déroule l’audit des processus : pouvez-vous nous décrire étape par étape la manière dont vous identifiez les cas d’usage IA réellement créateurs de valeur, et ceux qu’il faut au contraire écarter ?
Notre audit commence par l’observation directe des flux de travail et des processus. Cela nous permet de comprendre l’ADN de l’entreprise et sa manière de fonctionner. Ensuite, nous échangeons avec les collaborateurs pour identifier les tâches répétitives ou à faible valeur ajoutée. Les cas d’usage intéressants pour l’IA sont ceux qui libèrent du temps pour des tâches à forte valeur : par exemple, des tâches effectuées de manière presque « automatique ». À l’inverse, nous écartons les processus où l’expertise humaine est cruciale ; l’IA peut parfois soutenir ces tâches, mais elle ne peut pas remplacer le jugement et l’expérience des collaborateurs.
Avec Golyate, vous centralisez transcription, traduction, automatisation… Pouvez-vous nous donner un ou deux exemples précis de déploiements chez des PME où cette plateforme a profondément transformé un métier ou un service, avec des indicateurs avant/après (temps gagné, erreurs réduites, chiffre d’affaires, satisfaction interne) ?
Nous avons arrêté Golyate en septembre 2025 et pivoté notre activité vers ce que nous faisons aujourd’hui. Donc pour cette interview, je ne m’attarderais pas sur Golyate, puisque ce n’est plus notre produit actif ni notre communication officielle.
Vous intervenez auprès de dirigeants souvent bombardés de discours sur l’IA. Quelles sont, d’après votre expérience de terrain, les trois idées fausses les plus fréquentes qui freinent l’intégration de l’IA dans l’entreprise, et comment vous les déconstruisez de manière très pragmatique ?
La première idée reçue est que l’IA est trop chère. En réalité, cela dépend du projet ; on peut commencer avec des cas simples qui montrent rapidement un retour sur investissement. La deuxième, c’est que l’IA serait juste un effet de mode : certains en parlent beaucoup et vendent du rêve, mais nous montrons concrètement qu’elle crée de la valeur chez nos clients. Enfin, beaucoup pensent qu’on peut tout faire seul, que l’IA est simple. Or, l’intégration nécessite des compétences et une méthodologie pour que les résultats soient durables et pertinents. C’est là qu’une expertise spécialisée fait la différence.
L’intégration de l’IA se heurte souvent à des enjeux techniques (systèmes existants), humains (peur de la substitution) et réglementaires (RGPD, données). Comment RPTech AI gère-t-elle concrètement ces trois dimensions dans ses projets, et qu’avez-vous appris de vos premiers déploiements en France puis en Angleterre ?
Pour l’aspect technique, nous intégrons les solutions dans les processus existants sans tout bouleverser, grâce à notre connaissance des systèmes d’information. Côté humain, nous faisons de la pédagogie : nous expliquons clairement le fonctionnement de l’IA et accompagnons le changement. Pour les aspects réglementaires, nous faisons une veille constante et adaptons nos pratiques selon les marchés : la France et l’Angleterre ont des approches différentes, et nos premiers déploiements nous ont appris à être pragmatiques et flexibles selon le contexte.
Avec l’internationalisation de Golyate et vos ambitions sur le marché américain, comment voyez-vous évoluer, dans les 3 à 5 prochaines années, la place de l’IA dans le cœur opérationnel des entreprises : vers quels nouveaux usages, organisations et compétences les dirigeants doivent-ils se préparer dès maintenant ?
Je vois l’IA devenir un véritable assistant quotidien pour les collaborateurs, capable de retenir toutes les informations pertinentes et d’aider sur les tâches répétitives ou la recherche d’informations. Cela permettra aux équipes de gagner un temps considérable et de se concentrer sur la création de valeur. Notre ambition est de renforcer nos déploiements internationaux pour que l’intégration de l’IA devienne fluide et puissante, partout où nous sommes présents.
Pour conclure, quel conseil très opérationnel donneriez-vous à un dirigeant de TPE/PME qui nous lit et qui veut passer de la curiosité à une première intégration concrète de l’IA dans son entreprise dans les 90 prochains jours ?
Mon conseil est de commencer avec un outil polyvalent et simple à intégrer dans le quotidien, comme Claude de Anthropic. Il permet de faire des présentations, de la recherche, de l’écriture, du marketing… et fonctionne très bien dans différents processus. C’est un bon moyen de passer rapidement de la curiosité à une utilisation concrète et mesurable de l’IA.
Pour en savoir plus : https://rptechai.fr